L’incubateur Zebox a exposé ses start-ups logistiques à Vivatech

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Zebox, l’incubateur du PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, est venu avec 14 de ses startups BtoB au salon Vivatech 2022 qui s’est tenu du 18 au 22 juin à Paris. Plusieurs d’entre elles proposent des solutions pour répondre aux enjeux actuels de la logistique et de la supply chain. (Zebox DR)

Fondé en 2018 à l’initiative de Rodolphe Saadé, président-directeur général du groupe CMA CGM, Zebox est un incubateur, accélérateur et centre d’innovation international soutenu par une quinzaine de grands partenaires, dont BNP Paribas, Ceva Logistics, EDF, Infosys ou encore Port of Virginia. Il est principalement spécialisé dans la supply chain, la logistique et la mobilité d’une part, l’industrie 4.0 d’autre part. « Nous cherchons à mettre en œuvre les innovations technologiques comme l’intelligence artificielle, le machine learning ou l’Internet des objets, afin d’industrialiser et de robotiser les processus », explique Aurore Pullini, directrice adjointe de Zebox, présente au salon Vivatech le 15 juin. Implanté à Marseille, aux Caraïbes et depuis peu aux États-Unis, la structure donne à ses partenaires accès à des solutions innovantes de startups tout en accompagnant celles-ci afin de valider l’adéquation de leur projet avec le marché. Les jeunes pousses incubées bénéficient aussi de l’expertise métier et des infrastructures des grandes entreprises partenaires. « Nous travaillons également de plus en plus sur la transition énergétique, avec une attention particulière sur les greentech, qui représentent déjà 20% de nos projets », confie Aurore Pullini.

Optimiser la gestion des conteneurs dans les dépôts

Parmi les entreprises invitées cette année sur le stand de Zebox, plusieurs proposent des innovations destinées aux acteurs de la logistique, des transporteurs aux opérateurs de dépôts en passant par les exploitants portuaires. Enjeux Logistiques a ainsi rencontré Shipzzer, fondé par Alexandre Cour, qui a notamment travaillé auparavant pour différentes entités du géant maritime Maersk. « Le secteur du transport de marchandises fait face à un enjeu fort lié aux conteneurs avant et après leur passage dans les ports, raconte-t-il. Ils sont vidés, puis conduits vers des dépôts où ils sont inspectés, nettoyés et réparés si nécessaire, avant d’être à nouveau remplis. » Jusqu’à présent, ce processus mené par des sous-traitants de grandes compagnies maritimes dans 90% des cas, était très peu formalisé, chaque armateur le gérant à sa façon. Shipzzer s’est attaqué à la question en digitalisant l’ensemble du processus et des sous-processus associés, mais aussi en connectant tous les acteurs impliqués afin de gagner en efficacité : opérateurs de dépôts, lignes maritimes, exportateurs et importateurs ou encore compagnies de transport routier. La reconnaissance automatique par lecture optique (OCR) optimise par exemple le suivi des conteneurs tout au long de la chaîne. « Nous avons également des algorithmes pour gérer les opérations de réparation, les pièces détachées ainsi que le positionnement des conteneurs dans le dépôt », indique Alexandre Cour. Shipzzerr compte aussi exploiter l’intelligence artificielle pour optimiser les conteneurs vides et répondre aux enjeux autour du transport multimodal.

Dématérialiser les documents d’export

La société anglaise eTEU, dirigée par Eduard Oboimov, veut quant à elle dématérialiser toute la gestion des documents intervenant dans les échanges commerciaux internationaux, comme le connaissement ou les listes de colisage, afin de faciliter l’export. « Aujourd’hui tout repose encore majoritairement sur le papier. Nous utilisons la plateforme blockchain Near pour répliquer de façon numérique les propriétés physiques du papier, dont le caractère irréversible. Chaque document est généré et représenté par un NFT (non-fungible token), et les échanges se font sur la blockchain », explique le PDG. Des formalités administratives qui pouvaient durer plusieurs semaines ne prennent plus que quelques minutes.Réduire les émissions carbone du dernier kilomètre

De son côté, Deki optimise la livraison de marchandises sur le dernier kilomètrea pour réduire l’impact carbone de la logistique urbaine. « Huit agglomérations françaises ont déjà instauré des zones à faibles émissions (ZFE), plus d’une vingtaine d’autres l’envisagent », rappelle Béatrice Leduby, fondatrice et PDG de Deki. Ces périmètres imposent de nouvelles règles de circulation. Et les villes doivent également rendre des comptes sur l’amélioration de la qualité de l’air. Pour respecter la réglementation tout en permettant aux différents acteurs installés en zone urbaine de poursuivre leurs activités (petits industriels et artisans, commerçants, e-commerçants, etc.) le transport de marchandises doit s’adapter. Pour cela, il dispose de différents leviers dont la mutualisation des colis dans les véhicules en vue de réduire le nombre de ces derniers et le recours à des véhicules moins polluants. Deki a développé une plateforme SaaS afin d’aider les acteurs ayant besoin de transport urbain à choisir le meilleur prestataire pour réduire leur impact, notamment grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle. « Nous cherchons parmi les flottes existantes, en regardant où sont les véhicules, de quelle capacité de transport ils disposent et pour quel type de marchandise, afin de proposer l’option au coût écologique le plus bas », décrit Béatrice Leduby. Tous les prestataires avec lesquels travaille l’entreprise utilisent des véhicules sans émissions de GES (gaz à effet de serre) tels les vélos, vélos-cargos, véhicules électriques ou à hydrogène.

Maintenir les infrastructures portuaires

Abim quant à elle traite du problème complexe des impacts sur toute la chaîne de la dégradation des infrastructures portuaires, à la fois immergées et émergées. « Nous construisons des jumeaux numériques pour faciliter la maintenance des installations portuaires », a indiqué à Enjeux Logistiques Pierre-Emmanuel Peyrou, ancien plongeur de combat fondateur de la start-up. Régulièrement, des ports partout dans le monde connaissent des effondrements de quais ou d’autres problèmes qui provoque des arrêts imprévus et coûteux des activités de transport maritime. Grâce à la capture en 3D et 4D d’informations sur les infrastructures, collectées avec des robots sous-marins et des drones aériens, la solution d’Abim aide les ports à anticiper les travaux d’entretien nécessaires et à réduire les coûts et délais associés.

Transport durable, traçabilité et performance

Parmi les autres startups accompagnées par Zebox, qui n’étaient pas présentes à Vivatech, figurent également d’autres solutions pour réduire l’impact environnemental des transports, faciliter les échanges de marchandises, renforcer la traçabilité ou encore optimiser la performance de la supply chain.

Searoutes fournit aux chargeurs une solution d’intégration de données précises sur les émissions de CO2 des transporteurs à trois points de la chaîne d’approvisionnement : les appels d’offres, l’achat on spot et le reporting. Les entreprises mesurent et comparent ainsi les émissions des transporteurs en vue d’intégrer ces critères dans leurs choix.

Le Belge Toqua.ai est quant à lui spécialisé en machine learning. Un type d’intelligence artificielle qu’il exploite sur les données issues des capteurs installés sur les navires, afin de modéliser leur performance sur différents axes, tels que la vitesse sur le fond et dans l’eau, la consommation de carburant, la consommation électrique et les émissions carbone.

Wepost permet le transport rapide de petits colis sur le réseau des lignes TGV, en mettant en relation des expéditeurs et destinataires avec les voyageurs qui empruntent les trains.

Transiteo s’adresse aux e-commerçants et logisticiens opérant à l’international, en répondant à la problématique de calcul des droits et taxes de douane. La plateforme SaaS propose également des services complémentaires, pour trouver facilement les codes SH des marchandises ou intégrer les taxes et droits dans les paniers d’achats et dans la devise du client.

L’Allemand Tracifier fournit des solutions de traçabilité alimentaire basées sur la plateforme blockchain d’Oracle. Elles suivent les produits à chaque étape du processus de la chaîne de valeur, de la ferme aux consommateurs en passant par les magasins, en collectant les données importantes, comme les tests, les certifications et la température.

Enfin, Vekia est une solution SaaS qui vise l’amélioration de la performance de la supply chain. Elle intègre notamment des algorithmes de prévision probabilistes pour anticiper la demande et automatiser le réapprovisionnement au bon moment, en fonction des stocks et de la fiabilité des livraisons.

Aurélie Chandèze

 

 

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